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Les métiers de la fonction publique

Les mille et un métiers de la fonction publique

Première chose à savoir, la voie d'entrée classique dans la fonction publique d'État, territoriale ou hospitalière, c'est le concours. Même s'il existe évidemment des statuts dérogatoires ou des voies parallèles.

Après la mauvaise, les bonnes nouvelles : la plupart des concours donnent accès à plusieurs métiers et non un seul, la limite d'âge est supprimée à quelques exceptions près1, y compris pour la prestigieuse École nationale de l'administration, et ils existent pour tous niveaux d'études du CAP au bac +5. Enfin, ils concernent toutes les disciplines même si, au moins pour l'administration «  la tendance est au renforcement des fonctions correspondant à la catégorie A  », comme le souligne Luc Cambounet du ministère de la Fonction publique.

Les candidats de condition modeste ont aussi la possibilité d'entrer dans des classes prépas intégrées gratuites pour préparer le concours de certaines écoles, telles que l'École nationale de la magistrature et l'ENA. Non négligeable quand on sait qu'une prépa privée pour l'ENM coûte en moyenne 3 000 euros... Enfin, il existe une très grande diversité de métiers : à titre d'exemples, 235 sont répertoriés dans la fonction publique territoriale, autant dans la fonction publique d'État, et plus de 200 à l'hôpital. Mais les besoins sont variables selon les secteurs.

Recherche personnels sociaux et de santé

La filière sociale est de celles qui affichent les besoins les plus importants. On peut par exemple travailler pour l'État en tant qu'assistant socio-éducatif, conseiller expert dans le secteur de l'inclusion sociale... Côté collectivités, nouvelles réglementations, transferts de compétences, renforcement des politiques sociales mais aussi population vieillissante amènent à recruter plus. «  Même progression du côté des besoins pour les personnes âgées ou les personnes handicapées, car les politiques envers ces publics se renforcent. »

Ces mêmes raisons, conjuguées à des départs massifs à la retraite, expliquent aussi la progression des métiers de la santé dans les trois fonctions publiques. Dans l'hospitalière, c'est plus de la moitié des personnels médicaux et paramédicaux qui devront être remplacés d'ici 2015 : infirmières, aides-soignants, masseurs-kinésithérapeutes, assistantes sociales, manipulateurs radio, ingénieurs qualité. Mais on peut décrocher des postes qui ne sont pas directement en lien avec le soin, être par exemple, pour l'État, responsable d'un projet de santé, de veille épidémiologique...

Les métiers techniques sont également très porteurs et plutôt investis par des ingénieurs ou des techniciens. On peut œuvrer pour l'écologie en tant que chargé de prévention de pollution et des risques, dans l'informatique n'importe où en tant que responsable de projet, d'urbanisme, de sécurité des systèmes d'information et de communication, gestionnaire de données, etc. Autre métier qui grimpe, dans les conseils régionaux notamment, les chargés de missions qui font de l'ingénierie, coordonnent des partenariats, et rédigent des schémas directeurs.

Des débouchés en finance et RH

Enfin, autre tendance lourde, les métiers liés à la GRH et à la finance. Côté collectivités, « ce sont les transferts de compétences qui ont eu un impact en termes de finances et de RH puisque les personnes à recruter pour ces nouvelles missions doivent être encadrées », analyse Agnès Lucas-Reiner, la directrice générale adjointe du CNFPT. Certaines doivent aussi faire face à des arrivées massives de personnels : le transfert des 120 000 personnels TOS et de l'équipement a généré une hausse de 10 % du personnel dans les collectivités concernées !

Dans la fonction publique hospitalière, ce sont les départs à la retraite qui impactent directement la GRH. Des contrôleurs de gestion sont aussi très recherchés par les collectivités ou les hôpitaux pour accompagner la mise en œuvre de la LOLF (loi organique relative aux lois de finances), les rationalisations budgétaires... Enfin, les recrutements pour l'État sont là pour accompagner « la gestion des statuts et des carrières qui reste très lourde, la mise en place de la gestion prévisionnelle des emplois et des compétences et pour faciliter la mobilité », comme l'explique Luc Cambounet, ce qui a donné naissance à de nouveaux métiers tels que les conseillers mobilité, orientation et carrière.

Des carrières qui peuvent mener très loin

Quant à l'avenir, quelle que soit la filière, le métier et la catégorie dans laquelle vous rentrez, « ne serait-ce que parce que pour les postes importants, une expérience diversifiée est requise ».

De surcroît, une fois titulaire, sachez que bouger à l'intérieur de la fonction publique n'est pas difficile : le statut permet de conserver son niveau de rémunération, on peut changer de type de collectivité, de métier, de région, les passerelles d'une fonction publique à l'autre existent et le panel d'employeurs est large. Enfin, dans la fonction publique « déconnexion entre l'âge et la responsabilité ».

Bref, c'est varié et il y a du travail. Certes, pour certains postes, vous n'aurez peut-être pas les salaires mirobolants que peut offrir le privé, mais ça n'est pas vrai pour tous les métiers. Un administrateur gagne ainsi 24 800 euros bruts annuels en début de carrière et 58 000 en fin de carrière (hors primes). De plus, dans la fonction publique territoriale on bénéficie, en plus du salaire lié au statut, d'un régime indemnitaire variable selon les collectivités, qui peut être d'un montant égal à 50 % du salaire !

 

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