ORIENTATION

Les décrocheurs


Décrocheurs, comment ne pas perdre son année


Les acteurs en charge d'accompagner les jeunes proposent aujourd'hui trois types d'alternatives aux décrocheurs : travailler sur une nouvelle orientation, entrer dans une nouvelle formation avant la rentrée qui suit ou préparer un projet professionnel. Même si cela ne se fait pas partout, vous pouvez d'abord bénéficier d'une remise à flot au sein même de votre fac pour vous réorienter.

L'université de Bretagne Sud propose ainsi, depuis 9 ans, un "cycle d'orientation consolidation" pour les étudiants en échec au premier semestre : enseignement à mi-chemin entre celui du lycée et celui de l'université, encadrement resserré et travaux en petits groupes, avec des examens et donc des notes qui permettent de construire un dossier de candidature pour des filières sélectives type BTS et DUT. Plus de 80 % de ces étudiants réussissent ensuite à valider un diplôme.

Même philosophie dans la formation diplomante "Rebond" à l'université de Poitiers, via des enseignements fondamentaux et la réalisation de projets concrets pour les remobiliser (journée du handicap, réalisation audiovisuelle de promotion du dispositif...).

 

Réinvestir tout de suite une autre formation quand c'est possible

Autre alternative, profiter des passerelles, peu nombreuses mais qui existent, pour investir une autre formation sans attendre la rentrée suivante. Au lycée Jacques Brel à La Courneuve, comme dans quelques autres, on accueille depuis 8 ans, en janvier, une vingtaine d'étudiants dans un BTS communication qui est suivi sur 18 mois au lieu de 2 ans.

Pour y entrer, on attend les candidats seulement sur "deux ans supplémentaires dans un lycée leur permettent d'être plus mûrs et plus à l'aise et de poursuivre aussi en licence, ce que font 85 % d'entre eux ", ajoute Francis Benhaim.


Des initiatives pour orienter davantage vers l'emploi

De son côté, l'Afij (Association pour faciliter l'insertion des jeunes diplômés) va préparer 2 500 décrocheurs à investir des métiers en tension*. Ce dispositif "Rebond", retenu dans le cadre du fonds d'expérimentation de Martin Hirsh, proposera un accompagnement individuel, des séances collectives pour travailler sur la motivation et la recherche d'emploi, des visites d'entreprises et des rencontres avec des professionnels qui viendront à l'AFIJ ou parraineront les candidats "pour valider le projet, montrer le marché caché et partager son carnet d'adresses", précise Zohra Redjem, la responsable du projet. Pas de panique, on ne vous enverra pas dans un métier que vous jugerez horrible.

Car évidemment, le gros souci des métiers "en tension" est qu'ils ont une image parfois négative ; "il permet de remettre les jeunes dans le circuit sans attendre la rentrée d'après."

Dans tous les cas, n'attendez pas d'accumuler les échecs et les UE à repasser. De vraies solutions existent à condition de toquer aux portes qui sauront vous diriger vers la "bonne" formation ou le "bon "métier : SCUIO et BAIP dans vos universités, AFIJ, CRIJ, voire Missions locales.

 

Partir à l'étranger pour « doper » votre confiance en vous

Au-delà des remises à niveau, réorientations ou travail sur un projet professionnel, vous pouvez aussi amortir l'année en allant découvrir d'autres cultures, apprendre une autre langue, donner de vous-même, valider des idées d'orientation en mettant la main à la pâte dans des projets humanitaires, environnementaux, culturels...

L'expérience à l'étranger permet en effet de gonfler votre CV, car vous acquérez des compétences en savoir-faire et savoir-être, un atout pour ensuite décrocher un job ou intégrer une autre formation sur dossier.

Cela fait aussi de vous de meilleurs étudiants : "puisqu'il faut oser partir, se confronter à d'autres cultures, conditions de vie, etc. Les étudiants reviennent plus confiants, plus à l'aise et souvent avec plein d'idées !" C'est en effet la cerise sur le gâteau, vous rentrez la confiance bien dopée, sachant que vous aurez pu donner de vous-même, aurez communiqué avec des gens issus d'autres cultures, aurez fait face à de situations inattendues, difficiles...

 

Du séjour linguistique au volontariat international

Les possibilités sont variées, y compris pour les plus modestes. Parmi les solutions rapides (départ en quelques semaines), il y a les séjours au pair et linguistiques mais qui nécessitent de passer par des organismes payants. La solution gratuite, c'est un chantier humanitaire, environnemental, dans la restauration de patrimoine, etc., dans votre région ou à l'étranger et qui permet de côtoyer différentes nationalités.

Des systèmes d'échanges permettent aussi de partir vite, sur des durées extrêmement souples et d'être logé et nourri contre un travail de quelques heures par jour. Le woofing est ainsi possible en fermes bio dans plus de 50 pays (www.helpx.net).

Autres solutions qui proposent un accompagnement financier, mais pour lesquelles il faut compter quelques mois pour préparer son départ : le Service volontaire européen durant 2 à 12 mois est possible jusqu'à 25 ans* et hors Europe, mais aussi le Volontariat international en entreprise ou en administration, jusqu'à 28 ans, avec des contrats de 6 à 24 mois dans des entreprise, organisme, association sur des projets sociaux, sanitaires, humanitaires, culturels ou environnementaux.

Les CRIJ peuvent notamment vous donner les infos et vous diriger vers les structures ad hoc qui vous accompagnent dans ces projets de A à Z, comme Itinéraire International.

 

Donner de soi dans l'humanitaire

Pour l'humanitaire, des associations et ONG proposent aussi des missions, mais plus longues à préparer. Dans cette branche, une structure payante, Projects Abroad, offre des stages et missions humanitaires où l'on peut partir vite, entre 4 ou 6 semaines si le pays visé ne nécessite pas de visa particulier et des vaccinations (www.parenthese-utile.org).

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