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Les nouveaux métiers du Web

 

 

 

Les nouveaux métiers du Web

Développer l'audience et le chiffre d'affaires sur Internet, des applications qui offrent un accès Internet pour les mobiles, investir les réseaux sociaux pour davantage se faire connaître... Toutes ces nouvelles attentes font naître de nouveaux métiers. Parce que ces profils sont très demandés et encore durs à trouver, il y a moyen de se placer à des postes où il n'est pas possible de s'ennuyer.

 

Le responsable du site emploi CarrièreOnline (www.carriereonline.com), Julien André, n'est pas le seul à le constater : "la demande de recrutement est exponentielle" pour les métiers du web. Ainsi, sur son site, ces offres d'emploi représentaient 2 ans plus tôt 3 à 4% de la totalité des offres contre 10% aujourd'hui, et "on peut en voir en permanence sur la plupart des sites emplois". Ces besoins concernent des métiers que l'on connaît déjà, mais aussi des nouveaux générés par un environnement en pleine mutation et qui attire de plus en plus de monde.

À titre d'exemple, alors que les sites de e-commerce, médias, d'entreprises... "ont toujours besoin d'experts pour atteindre des chiffres d'audiences ou des objectifs commerciaux", parallèlement se développent les réseaux sociaux -en France ce sont plus de 17 millions d'internautes qui sont déjà inscrits sur Facebook-, autres marchés potentiels pour ceux qui veulent faire connaître leur marque.

Bref, enjeux économiques, prolifération des sites et communautés sur Internet: les outils deviennent de plus en plus pointus et imposent de trouver des spécialistes pour chaque grande mission. Ce sont autant de créations de postes là où, il y a quelques années encore, on pouvait charger un seul webmaster "à la fois du design, du contenu rédactionnel, de la création et de l'administration d'un site Internet".

Côté techno ou marketing ?

Trois grands types de profils sont recherchés. D'abord, ceux qui affichent des compétences plutôt technologiques : aussi bien des chefs de projets techniques et des développeurs de sites ou PHP pour la programmation, que des webmasters qui chapeautent ces derniers pour répondre "aux besoins grandissants du marketing qui doivent être traduits en technologie" explique Julien André. Des profils pour lesquels des formations existent déjà. Et au-delà de la programmation, des web designers sont aussi recherchés pour le graphisme des sites.

Parmi les nouveautés marquantes, depuis l'arrivée de l'iPhone il y a deux ans, les sociétés d'Internet recrutent aussi des responsables d'activités mobiles pour se développer sur les plates-formes mobiles (également Androïde, Nokia...). Le boulot existe puisque, constate encore Julien André "sur iPhone, il y a déjà 180 000 applications qui ont été développées !"

Et "la demande sera forcément croissante" ne serait-ce qu'avec "l'arrivée en France de l'iPad". À côté, le web recherche aussi de plus en plus des candidats destinés à des missions marketing et de communication. Les responsables d'acquisition trafic ou spécialistes SEO ou SEM (Social media optimization et Search engine marketing) sont ainsi très demandés : ce sont eux qui doivent analyser l'audience et travailler à la fidélisation et à l'augmentation de cette dernière et, c'est souvent lié, au développement du chiffre d'affaires.

Pas de flyers ou de campagnes d'affichage comme dans la "vraie" vie mais, entre autres missions, acheter des mots-clés sur Google pour apparaître parmi les liens sponsorisés lors d'une recherche, mettre en place des partenariats avec d'autres sites pour amener les internautes à ensuite venir sur son propre site, monter des opérations spéciales liées à l'actualité...

Recherche désespérément community managers...

Une autre fonction très en vogue est certainement celle de community manager. "Ce sont ceux qui vont investir les réseaux sociaux, faire parler de la marque notamment", explique Julien André. Et pour eux, "il y a de plus en plus d'annonces à pourvoir". Y compris dans le secteur public, qui investit largement ces médias. Exemple, l'université de Toulouse 1 Capitole envisage à moyen terme l'embauche d'un community manager parce qu'elle prévoit d'investir les réseaux, de créer des blogs par formations ou laboratoires pour être davantage visible, notamment depuis l'étranger.

Compétences rares = salaires intéressants

Même si, évidemment, ils varient selon la taille des entreprises et l'expérience, comme il y a aujourd'hui plus d'offres que de postulants pour ces nouveaux métiers, les salaires sont plutôt intéressants. En début de carrière, on peut obtenir 35 à 40000 euros bruts par an là où les candidats sont rares.

Exemple : un chargé de webmarketing avec peu ou pas d'expérience touche, selon CarrièreOnline, un minimum de 30 000 euros bruts par an. Et, quelques crans au-dessus, être directeur webmarketing ou responsable des activités mobiles peut rapporter plus de 100 000 euros par an.

Parmi les autres fonctions nouvelles en vogue, on recense enfin celles de responsable de l'expérience utilisateur ou d'ergonome éditorial : ils sont chargés de concevoir, d'analyser les clics des internautes, de vérifier si cela fonctionne bien et d'ajuster les interfaces en fonction du comportement des utilisateurs.

Enfin, les débouchés n'existent pas seulement dans les sociétés de l'Internet (portails, e-commerce, sites médias...). L'explosion du web et des réseaux sociaux fait que les grandes entreprises, de plus en plus présentes sur les sites communautaires et qui animent de plus en plus de blogs, recrutent aussi.

Même engouement du côté des PME, mais qui préfèrent externaliser ces missions pour des raisons financières. Il y a donc aussi opportunité d'emploi pour des free-lance. Créer sa propre société spécialisée marche plutôt bien: une SSII pour sous-traiter les aspects liés aux technologies, ou des agences web pour des missions plutôt marketing, comme certaines spécialisées dans le développement de l'audience sur les sites Internet, en charge d'acheter des liens sponsorisés... Le gisement d'emplois n'est donc pas près de se tarir.

Quel(s) profil(s) pour postuler ?

Métiers techniques: bac +2 à bac +5 en informatique ou diplôme d'ingénieur
Les métiers techniques peuvent être prisés dès le bac+2, BTS et DUT, avec des spécialisations multimédia, administration de réseau, développement web, web mastering... Nec plus ultra, le diplôme d'ingénieur, qui permet de postuler d'entrée à des postes à responsabilité, tel que chef de projet.

Missions com et marketing: formations généralistes + une pincée de curiosité
Les formations généralistes de type écoles de commerce sont les mieux perçues pour candidater puisque vous serez formé à travailler la marque, la notoriété et la communication. Les écoles ont adapté leurs formations à l'évolution de ces métiers, tandis que des masters universitaires commencent à se développer.

À titre d'exemple, l'ESSCA ouvre un master webmarketing qui permettra de viser, dans des entreprises engagées dans le e-business, des agences de webmarketing et de communication, des fonctions marketing traditionnelles pour lesquelles des compétences dans le domaine du web sont de plus en plus souvent requises (chef de produit, chargé d'études ou responsable marketing) et des nouveaux métiers tels que consultant marketing media on-line, responsable e-commerce / e-business...

L'université de Toulouse 1 Capitole ouvrira de son côté en 2011 un master 2 communication-marketing. Mais parce que les formations spécialisées restent rares, ce qui vous distinguera des autres c'est l'intérêt que vous portez évidemment à Internet, et l'expérience. On peut démarrer dès bac +2 ou +3 comme chef de projet marketing pour évoluer ensuite vers des postes à responsabilité, tels que responsables de l'expérience utilisateur ou en acquisition de trafic.

par Camille Pons

©WapEduc

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